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Habitat et Environnement : Environnement > Recycler les déchets par le réemploi

Recycler les déchets par le réemploi : Les Ressourceries

Une interview de Marjorie BLANC, animatrice et chargée de communication pour l'association, Cyrille BERGE, chargé de développement et Mathieu Reus, coordinateur technique, tous deux créateurs de la Ressourcerie de Marseille, l'association Recyclodromme


Quel est le concept fondateur de l'association ?
C'est la lutte contre le gaspillage par le réemploi pour la protection de l'environnement. Le but est de diminuer le volume des déchets de manière globale en récupérant le maximum d'objets dont les personnes ne veulent plus pour les remettre en état et les proposer à la vente. Nous intervenons également auprès du grand public pour des actions de sensibilisation sur la réduction des déchets. Un autre principe du concept est l'implantation locale avec un fort enjeu d'ancrage sur un territoire. Nous sommes orientés vers de la collecte et de la redistribution de proximité. La Ressourcerie est d'ailleurs un réseau national qui a été initié en France dans la région du Nord (Pas de Calais – Picardie) et qui se développe actuellement sur tout le territoire Français pour agir localement.

Pouvez-vous nous indiquer le type d'objets qui entrent dans votre champ d'action ?
Ici à Marseille, étant donné la taille relativement limitée de nos locaux, nous traitons le petit mobilier, le petit appareil ménager, l'informatique, le textile, les bibelots, la vaisselle, les fournitures divers, les livres et bien d'autres choses. La récupération des objets se fait par collecte ou apport volontaire. Lorsque que nous recevons une demande pour un objet que nous ne pouvons pas pendre en charge, nous orientons les personnes vers d'autres ressourceries du département comme celle d'Istres, ou vers d'autres structures comme Emmaüs, l'association Cyberkartier pour l'informatique, les déchetteries ou le service de collecte AlloMairie proposé par la ville de Marseille.

Que faites-vous avec ces objets procédez-vous simplement à une remise en service dans leur usage initial ou développez-vous également une démarche créative ?
Les deux. La valorisation des objets est réalisée dans notre atelier. Nous allons d'abord au plus simple en effectuant quelques tests : si l'objet peut servir dans son état et dans sa fonction d'origine, il est nettoyé et est remis directement à la vente. En revanche, s'il ne fonctionne plus ou s'il est abimé nous allons essayer de le réparer ou de récupérer des pièces pour les assembler avec des éléments issus d'autres objets afin de lui redonner une fonction (par exemple nous construisons une nouvelle table avec un plateau et des pieds provenant de deux tables usagées différentes). Et pour ce qui reste sans usage, nous étudions le potentiel de détournement, comme par exemple, faire un cadre avec une trappe de machine à laver ou un saladier avec les hublots modernes ! Parfois même, certains artistes viennent travailler sur un objet pour en faire une pièce originale.

Que faites-vous alors des objets réhabilités ?
Les objets sont mis en vente localement dans notre boutique. La boutique est ouverte une fois par semaine le mercredi de 9H à 20H. En concentrant la vente sur un jour unique, cela nous permet de dégager du temps pour les autres activités. Le produit des ventes contribue au fonctionnement de l'association.

Quel est votre politique de prix de revente ?
Tout d'abord, il faut savoir que toutes les personnes qui achètent des objets doivent adhérer à l'association pour 1€ minimum. Le prix de vente de chaque objet est évalué par l'ensemble de l'équipe en fonction de différents critères comme le temps passé pour le collecter et pour le réparer, son utilité, son ancienneté ou encore sa rareté. Nous vendons des objets d'occasion, leur prix est donc systématiquement inférieur au prix du neuf.

Quels outils avez-vous mis en place pour sensibiliser sur le sujet des déchets et à qui vous adressez-vous ?
Nous avons mis au point une série d'animations sur la réduction des déchets pour sensibiliser le public à tout ce qui peut être mis en œuvre :
  • Avant l'achat : Parce que l'acte d'achat est générateur de déchet à court, moyen et long terme, nous invitons le public à être attentif à la quantité d'emballage, au potentiel de recyclabilité de l'emballage et à la qualité de l'objet pour qu'il soit le plus durable et le moins énergivore.
  • Au cours de l'usage des objets : Être soigneux et utiliser un objet conformément aux instructions données sur sa notice permet de respecter sa consommation d'énergie nominale et de le garder plus longtemps.
  • Au moment de la séparation : Penser d'abord à donner l'objet autour de soi, famille, amis, voisins. Penser ensuite aux associations actives dans le réemploi comme la notre ou comme la Croix Rouge, le Secours Populaire ou Emmaüs. Enfin, penser à le recycler dans les containers ou les déchetteries avant de le jeter, en dernier recours, à la poubelle.

Nous avons construit nos propres outil pédagogiques avec des déchets récupérés par l'association, nous pratiquons notamment la technique du photo langage. Nous nous adressons aux enfants comme aux adultes en adaptant les messages en fonction du public. Pour les petits, la sensibilisation se limite aux gestes, à la prise de conscience et à la démarche ; pour les adultes, nous ajoutons des données chiffrées et des informations sur les polluants.
Nous organisons également la semaine de la réduction des déchets, c'est une manifestation co-organisée par Réseau des ressourceries, la FNE – Fédération Nationale de l'Environnement - et le Réseau école et Nature.

Disposez-vous aujourd'hui des soutiens nécessaires à votre action ?
Au niveau technique, le réseau des Ressourceries sur lequel nous nous appuyons est soutenu depuis l'origine par l'ADEME. Nous avons donc accès à des experts qui peuvent intervenir pour nous aider sur une opération particulière.
Au niveau financier, nous sommes notamment soutenus par l'ADEME, la Région et le Département.


Compte-tenu de l'utilité reconnue de notre activité, nous n'avons pas eu de difficulté à obtenir les subventions nécessaires au démarrage. On nous a fait confiance et on continue à nous faire confiance. Cependant, notre équipe est constituée de quatre personnes en contrats aidés et, ces contrats arrivant bientôt à échéance, la question de la pérennisation des emplois va donc se poser. Mais nous ne souhaitons pas être totalement dépendant des aides, nous voulons démontrer que nous sommes capable d'être en partie autonome, même si nous savons que nous serons toujours partiellement dépendant des aides.
La vente est une partie du financement mais aucune ressourcerie ne vit uniquement du produit de ses ventes, c'est pourquoi nous cherchons actuellement à développer d'autres prestations pour augmenter la part d'autofinancement : des prestations de sensibilisation, de conseil et d'expertise, des contrats avec les collectivités pour prendre en charge des services publics de collecte. Certaines ressourceries gèrent par exemple des déchetteries et ont donc accès directement aux usagers pour faire un tri des objets à la sortie des voitures. Il y a actuellement une dynamique régionale en PACA où les institutions ont la volonté de soutenir le développement des Ressourceries.

Comment évolue votre activité ? Comment observez-vous les évolutions comportementales des citoyens ?
Nous avons créé l'association il y a 5 ans. En 2008, l'association a compté 260 adhérents supplémentaires et en 2009, nous avons déjà 210 nouveaux adhérents sur les 4 premiers mois !
Les gens jettent toujours aussi facilement, mais se posent de plus en plus la question du comment jeter. Des articles et des reportages sur les nouveaux modes de consommation apparaissent de plus en plus souvent dans les médias et incitent le public à nous contacter. Il faut savoir qu'au niveau de l'association nous ne communiquons pas particulièrement sur la collecte car, en l'état de nos capacités (humaines et surface des locaux), nous collectons suffisamment d'objets à réhabiliter. Nous n'avons aucune difficulté pour sensibiliser le public sur ce sujet, c'est une activité qui séduit, d'autant que la situation de crise actuelle est également favorable au marché de l'occasion.
Nous nous adressons un public très varié. Le public d'origine était composé de nos amis, nos connaissances, des personnes issus d'un milieu militant et engagé. Petit à petit, nous touchons tout type de population : des bobos, des militants, des habitants et des associations du quartier, des chineurs, des brocanteurs, des bricoleurs, dans une tranche d'âge moyenne de 30 à 50 ans. Il y a deux catégories, ceux qui sont intéressés par l'objet fonctionnel et ceux qui sont intéressés par le concept et qui vont utiliser la ressourcerie par philosophie.

Marjorie, quel est votre engagement personnel en matière d'écologie et pourquoi avez-vous choisi de travailler pour cette association ?
J'ai découvert les Ressourceries en réalisant un diagnostic d'activité développement durable pour un groupe Emmaüs du Tarn. Pour améliorer leur gestion des déchets, je me suis appuyée sur l'exemple des Ressourceries dont le fonctionnement a été modélisé. Le concept des Ressourceries vient du Québec et s'est développée en Belgique avant d'arriver en France. Il a fait l'objet de recherches pour en conceptualiser le fonctionnement et il existe donc une littérature sur ce sujet. L'objectif du groupe Emmaüs était de diminuer ses déchets tout en gardant sa priorité qui est sociale, c'est la réinsertion, alors que la priorité des Ressourceries est environnementale.
J'ai donc découvert les Ressourceries en 2004 et dés lors j'ai cherché à y travailler. Entre temps, j'ai également travaillé dans la promotion de l'agro-écologie (agriculture bio) et je suis depuis longtemps militante dans l'environnement. Avec un DESS d'environnement, on pourrait croire qu'il y a meilleure place que de travailler dans une association avec un contrat aidé, or le marché du travail n'est pas très ouvert. Force est de constater malheureusement qu'il est très difficile de trouver un emploi dans ce secteur. Nous sommes nombreux à faire des formations dans l'environnement parce que nous prenons conscience qu'il y a beaucoup à faire en ce domaine et c'est bien le cas. En revanche, il faudrait plus de moyens en particulier institutionnels sur ce sujet qui concerne la gestion du patrimoine commun avec une perspective sur le long terme qui rejoint le développement durable lorsque l'on parle par exemple d'aménagement du territoire des communes. Or, les collectivités s'investissent très timidement sur ce plan, en particulier en PACA. Ce sont les entreprises privées qui proposent le plus de postes dans l'environnement, mais encore trop souvent pour faire du greenwashing et beaucoup de ces postes sont d'ailleurs pourvus par des mutations internes.
Lorsque je suis arrivée dans la région PACA, j'ai trouvé plusieurs Ressourceries : Recyclodromme à Marseille, Declic13 sur Istres et la Ressourcerie de Haute-Provence dans le 04 et enfin en 2009, à force de persévérance, j'ai réussi à y entrer !

Pour conclure : Avant de jeter définitivement un objet, faites de la solidarité de proximité ou pensez réemploi puis recyclage !
Trouvez la ressourcerie la plus proche de chez-vous en cliquant sur les liens proposés ci-dessous.

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