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Corps et Esprit : Santé > La maladie a-t-elle un sens ?

La maladie a-t-elle un sens ?

Propos extraits d'une conférence donnée par Thierry JANSSEN à l'automne 2009 à l'Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille


L'hôpital est pour moi, qui y ait exercé en tant que chirurgien, un lieu hautement symbolique. Les hôpitaux sont les lieux où la santé devrait être promue et retrouvée, mais ils manquent parfois d'outils et d'information pour aider les malades. Le propos de cette conférence n'est pas de diaboliser une médecine qui aurait des incompétences ou des incomplétudes, mais surtout d'enrichir une médecine qui a déjà fait énormément pour le bien être des citoyens, mais à qui il reste encore du chemin à parcourir pour faire encore mieux.

Plutôt que de raisonner de manière exclusive, comme c'est le cas aujourd'hui, il serait préférable de pratiquer une médecine intégrative, par l'utilisation conjointe de différentes formes de thérapies. Nous avons en effet tendance à soigner les malades en ne regardant qu'une chose à la fois. Nous avons construit notre système médical en séparant l'être humain en différentes parties, en le considérant comme un objet et non plus comme un être global. Cette médecine n'est que le reflet de la société qui lui a donné naissance, et cette société n'est que le reflet de la manière dont nous pensons. Hors, nous avons, en occident, une représentation du monde qui n'est pas tout à fait exacte, qui n'est pas tout à fait en lien avec la réalité. Depuis le siècle des lumières, c'est à dire depuis environ 300 ans, nous avons construit notre développement sur la base d'un postulat philosophique qui affirme que l'être humain est en dehors de la nature, que la nature est dangereuse et que l'être humain doit utiliser son intelligence pour comprendre la nature dans ses moindres détails afin de la contrôler, de l'influencer et de la dominer. Nous avons donc développé une science analytique : tout a été décomposé pour être analysé. Et toutes les pièces du puzzle ont effectivement été analysées minutieusement mais nous n'avons plus la vision globale du puzzle. Nous avons oublié que tout est relié, tout est inter-dépendant.

La vie ce sont les liens, c'est cette conscience des liens que notre culture a perdu. Dans nos systèmes thérapeutiques, sans nous en rendre compte, nous nous sommes éloignés du principe de vie. A force de ne plus voir la personne dans toutes ses dimensions : physique, émotionnelle et intellectuelle, nous ne comprenons plus ce qu'est la vie dans cette personne. A force de ne plus établir de lien avec les gens, nous ne comprenons plus ce qu'est l'humanité. A force de ne plus être nous, humanité, en lien avec l'environnement, nous ne comprenons plus ce qu'est le monde. Il ne faut pas s'étonner que nous soyons en train de générer des crises majeures ... Alors, si c'est juste une question de vision du monde, rien n'empêche notre culture de réfléchir et de changer sa vision du monde et sa vision de l'être humain !
Les maladies sont toujours le résultat de plusieurs facteurs. Evidemment on aimerait trouver l'unique cause permettant d'expliquer la maladie en excluant celles qui ne correspondent pas à sa spécialité médicale ou celles qui paraissent peu académiques, mais il faut de l'humilité lorsque l'on s'intéresse à la vie, et la maladie est une manifestation de la vie. Humilité a comme racine le mot latin humus qui signifie la terre et qui est aussi la racine de Humanité. Peut-être ne sommes-nous vraiment humain que lorsque nous sommes vraiment humble, lorsque nous nous rappelons que nous appartenons à cette terre et que nous sommes d'abord un corps physique et des émotions avant d'être une pensée qui analyse et qui fait des discours. Comment espérer avoir une médecine humaine et humaniste si l'on ne revient pas à cela ?

Guérir une personne ce n'est pas simplement guérir une tumeur, c'est permettre à la personne malade, à l'occasion de sa crise de vie qu'est la maladie, d'essayer de retrouver l'équilibre à tous les niveaux de son être. Pour entrer dans une voie de guérison un malade doit changer des choses dans sa vie et transformer son être. Peu importe l'issue de la maladie, ce qui importe c'est que chacun soit en paix avec lui-même. Toutes les personnes malades que je rencontre ont besoin d'attribuer du sens à ce qu'elles vivent. Le besoin de sens est absolument fondamental pour l'être humain.
  


Les psychologues évolutionnistes sont conscients aujourd'hui que le fait d'apporter du sens a été pour l'espèce humaine une obligation pour sa survie. Ce n'est pas un hasard si nos lointains ancètres se sont inventés des dieux, des paradis, des explications du monde, s'ils ont construit des pyramides et des cathédrales : ils avaient besoin de trouver un sens.
Hors, la médecine scientifique est très peu à l'écoute des malades, elle n'est pas très encline à apporter un sens symbolique à la maladie, ce sens qui permet de raccrocher la maladie à tout notre vécu antérieur et surtout à tout ce que nous espérons encore vivre car le sens donne une direction à la vie. Cela étant, méfions-nous également des croyances et des explications toutes faites, du sens plaqué unilatéralement sur un symptome. Plutôt que de penser qu'il n'y a pas de sens ou de penser qu'il y a un sens pré-établi, il est préférable de faire preuve de bon sens pour trouver son propre sens en cohérence avec sa propre réalité. Ce bon sens c'est de revenir à la base du fonctionnement de l'être humain : d'abord le physique puis les émotions et ensuite l'intellect.

Mais comment faire pour aider les personnes à trouver du sens, à retrouver leur sens, lorsqu'elles sont confrontés à la maladie ? J'invite généralement mes patients à se mouvoir dans leur corps qu'elles que soient ses limites et à accueillir l'émotion que cela génère. Souvent c'est à ce moment là que les mots viennent, qu'ils ont envie de verbaliser leur ressenti, mais il ne faut pas laisser venir les mots trop tôt car ils ont tendance à structurer les réactions et à stopper l'ouverture vers la recherche de sens. Les émotions se traduisent mieux par l'expression artistique. L'art est un moyen de se découvrir, de voir ce que nous ne voyons pas de nous, les zones non conscientisées. L'expression artistique permet de recontacter notre enfant intérieur et de retrouver notre sens originel. Dans le processus de retour à la vitalité et à la santé, il y a également 3 grandes qualités très importantes à développer ou à re-développer : ce sont la fluidité, la confiance et la cohérence. La fluidité du corps permet de s'adapter. C'est pourquoi il est nécessaire de bouger même lorsqu'en situation de maladie le corps est diminué : le Qi Gong, le Tai-Chi ou les pratiques de gymnastique douce permettent de ne pas perdre le contact avec son corps. La fluidité du corps entraine également la fluidité de la pensée. La confiance c'est ne pas avoir trop peur, c'est faire confiance à soi et à la vie. Nous avons besoin de la confiance pour garder notre fluidité, pour rester en lien avec la vitalité. Très souvent, à l'occasion d'une maladie qui dure, il y a un besoin de revenir à de la cohérence, de revoir l'organisation de sa vie pour trouver un alignement qui potentialise la vitalité, trouver une cohérence entre les pensées, les paroles et les actes.

Une vision comme celle-là n'est pas encore très répandue, mais je m'y emploie activement. Retrouvons le bon sens et aidons les malades à guérir en considérant leur maladie relativement à la globalité de leur être et non du seul point de vue d'un symptome abordé de manière isolée.

Thierry JANSSEN accompagne depuis 10 ans, en tant que psychothérapeute, des patients porteurs de maladies lourdes et chroniques. Auparavant, il a pratiqué le métier de chirurgien urologue en milieu hospitalier pendant 12 années.

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