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Le corps et l'esprit

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Les émotions et la psychogénéalogie

par Monique TAPPING


Pourquoi, depuis quelques années assiste-t-on à un engouement des thérapies familiales avec une approche trans-générationnelle ?
Didier Dumas, un des pionniers de cette approche répond : « la vraie question est, non pas de savoir pourquoi l’approche trans-générationnelle réapparaît aujourd’hui, mais pourquoi elle avait si abruptement disparu de toute la pensée occidentale. Toute la pensée chinoise, toute la pensée amérindienne, toute la pensée africaine, toute la pensée aborigène … sont ouvertes au trans-générationnel. Les taoïstes chinois mesurent un destin sur 9 générations et la Bible sur 3 ou 4 auxquelles les fautes des pères sont obligatoirement transmises ».

En Occident, l’évolution des sciences et des techniques depuis la fin du 18ème siècle a transformé le comportement de l’homme « moderne » qui, s’étant senti investi d’une sorte de toute puissance, a changé son regard sur la mort qui n’est plus alors un « passage » mais une « fin » qui terrifie. Le « passage », dans toutes les traditions, permettait au mourant de se libérer de ses traumatismes . Selon D Dumas, « en ne considérant la mort que sous l’aspect du cadavre, la médecine matérialiste ne fait qu’empirer la peur qu’elle soulève en nous.».
Parallèlement, à partir de la Révolution, les pratiques sexuelles ont évolué vers une vague puritaine de plus en plus obscurantiste. Cette vague a atteint son paroxysme au 19ème siècle. Freud et la psychanalyse sont apparus dans ce contexte avec les théories sur le refoulement, mais il rejeta la dimension trans-générationnelle (il souffrait pourtant de maux d’estomac terribles tous les dimanches matin, avant d’aller déjeuner chez sa mère, car il était hanté par la mort d’un frère emporté par une maladie d’estomac ….). D’autres ont repris, continué et approfondi la psychanalyse de Freud ; les méthodes se sont diversifiées, les psychothérapies et les thérapies brèves sont apparues, mais il a fallu attendre le début des années 1980 pour voir émerger la prise en compte des ancêtres dans la psychothérapie.
L’être humain occidental d’aujourd’hui est la résultante de générations confrontées à la peur de la mort, au tabou de la sexualité, au développement de l’individualisme, autant de frustrations l’empêchant d’être en accord avec son être profond, et d’exprimer ses émotions. Pourtant selon C. Flèche :  «  le mot  émotion  a la même étymologie que  mouvement  : pour que la vie soit vivante, il faut du mouvement et ce qui permet le mouvement, c’est l’émotion ». Contacter et exprimer ses émotions est donc essentiel pour toucher à notre puissance de vie, de liberté et de bonheur.

La psychogénéalogie permet de travailler sur les émotions, particulièrement celles disproportionnées aux évènements qui les génèrent, et qui peuvent perturber notre vie .





Dans beaucoup d’arbres généalogiques se trouvent des « exclus », des individus qui ont été rejetés, bannis ou occultés pour diverses raisons : des morts inadmissibles dont il est impossible de parler (les guerres et les génocides en ont généré beaucoup), des grossesses hors mariages, des femmes mortes en couches, des suicides, des viols, des incestes, des homosexualités…etc. Pour des raisons d’ordre « moral » ou pour enfouir la souffrance, on a caché ou occulté leur existence ou leurs agissements sous la forme de secrets de famille. Ces non-dits, sont lourds de conséquences pour certains membres des générations suivantes, investis de ce que Nicolas Abraham appelle un « fantôme », pathologie de l’inconscient qui se transmet d’inconscient à inconscient dans les relations de filiation. Un « fantôme » est toujours un traumatisme concernant le sexe ou la mort (rarement autre chose), qui se transmet aux générations suivantes en s’amplifiant.
Ainsi aujourd’hui des enfants ou petits-enfants n’arrivent pas à se « réaliser », soit sur le plan affectif, soit sur le plan professionnel ou encore sont malades ... Ils sont empêchés de vivre leur propre vie car ils vivent en fidélité avec un de ces « exclus ».
Le but d’un travail en psychogénéalogie est de rendre leur place et leur dignité à ceux que l’on a exclus, car selon Bert Hellinger « lorsque ceux qu’on a mis à l’écart, ceux dont on a peur, retrouvent leur place, leur influence cesse d’être néfaste et se fait bienfaisante et salutaire ». Depuis le début des années 80, plusieurs thérapeutes ont mis au point de véritables techniques pour faire de la psychogénéalogie un outil précieux d’analyse de l’histoire familiale qui permet de :
  • repérer les liens subtils entre générations, afin de « libérer » son histoire personnelle d’éventuelles entraves inconscientes,
  • prendre conscience, intégrer et transformer les fidélités familiales inconscientes qui perturbent notre vie.


Monique TAPPING

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