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Le corps et l'esprit

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Décodage dentaire, les dents sont un outil d'évolution

par le Dr Estelle VEREECK


Le corps a son langage. Il traduit les blessures de l’âme par les malaises et maladies qui l’affectent. Et nos dents? Sont-elles des corps inertes, de simples fragments d’émail et de dentine implantés dans nos mâchoires? Qu’elles puissent subir les contrecoups de nos affects ou traduire nos stress ou difficultés intérieures peut surprendre. Et pourtant, outre mastiquer, les dents permettent de parler, de verbaliser. Spécifique à l’homme, la parole, ne peut être produite sans les dents (le bébé et la personne édentée n’émettent que des sons inarticulés). Chacun sait le poids des mots et a pu éprouver leur pouvoir de guérison. Parler soulage, et pas seulement chez le psy. Rien d’étonnant donc que les mots qui n’ont pu être dits s’expriment d’une autre manière, à travers les “maux”… de dents.

La bouche, porte de la vie
La bouche est un lieu privilégié de somatisation, d’autant plus qu’elle est intimement liée aux premières expériences de la vie. Cette particularité lui confère une charge symbolique et émotionnelle forte. Zone sensorielle la plus développée à la naissance, elle participe de manière précoce à la formation de la personnalité. Lors du stade oral décrit par la psychanalyse, la muqueuse buccale du nouveau-né est entièrement tapissée par les bourgeons du goût (ils involuent avec l’âge et ne subsistent chez l’adulte que sur la langue). Ainsi, la sphère orale est la zone la plus vivante chez l’enfant dont le développement est centré sur cette “cavité primitive”. Dès la fin de la grossesse, le bébé goûte le liquide amniotique. Avec l’allaitement, la bouche devient ensuite le siège des premières expériences de plaisir tandis qu’à ce stade, la bouche édentée du nouveau-né traduit la relation fusionnelle avec la maman.

Dents et structuration de la personnalité
L’éruption des premières dents de lait met fin à la relation empathique entre la maman et le bébé. Entre elle et lui s’interposent désormais des organes durs et tranchants. C’est la fin de l’allaitement… et le moment des premières souffrances liées à la poussée des dents. L’enfant sort de la fusion, il devient plus autonome. Il commence à parler, à marcher, à mordre. A travers la mastication, il se confronte au dur, s’approprie de manière plus active le monde qui l’entoure. Les dents matérialisent ainsi la séparation d’avec la maman et témoignent de l’individualité de l’enfant qui s’ébauche. Elles sont une barrière tranchante érigée entre l’extérieur et l’intérieur. La conscience d’être distinct s’accroît à mesure que les dents sortent. Vers l’âge de trois ans, une fois toutes ses dents de lait en place, l’enfant passe par la fameuse crise du “non”, phase aiguë d’affirmation de soi. Il a conscience d’être un “je” séparé, séparation symbolisée par la denture de lait au complet. Ainsi, la bouche traduit fidèlement les étapes traversées par l’enfant. Par leur mise en place, les dents décrivent l’évolution qui mène du nouveau-né totalement dépendant et vulnérable vers l’état d’individu séparé de la maman et relativement autonome. Tout accroc dans ce parcours a des répercussions sur les dents qui s’abîment alors de manière spécifique.

La dent, facette de la personnalité
Représentative d’une étape du développement, chaque dent est porteuse d’un sens particulier et possède une résonance symbolique qui lui est propre.






Chaque dent, dans sa singularité, exprime une partie de soi, représente un domaine de la vie, une qualité spécifique ou facette de la personnalité. Observer forme et particularités de chaque dent permet de comprendre sa signification. Par exemple, les molaires, larges et massives, symbolisent la stabilité, la sécurité, les repères intérieurs sur lesquels s’appuyer. Elles représentent la capacité de se nourrir, donc de survivre. Elles sont les piliers principaux de l’édifice extérieur (la denture) et intérieur (la personnalité). Autre exemple, la canine, caractérisée par sa forme pointue et sa racine très longue, exprime la puissance intérieure. Dent du carnivore, elle représente le prédateur à l’intérieur de soi, qui happe et garde sa proie, se défend en montrant les crocs. À un autre niveau, c’est la dent de la volonté qui donne force et constance pour réaliser ses projets à long terme. La dent qui s’abîme (carie, déchaussement, fracture, etc.) montre une souffrance qui affecte un domaine précis de la personnalité. L’atteinte est l’appel au secours d’une partie de soi: “attention, il y a quelque chose qui coince en ce moment dans un domaine de ma vie, une émotion que je ravale”.

De la symbolique au décodage dentaire
Le langage des dents, encore appelé décodage dentaire, propose de s’intéresser aux dents, non comme objet de souffrance, mais comme instrument de connaissance de soi. En cas de problème (abcès, carie, etc.), au lieu d’essayer de l’enfouir à coup d’antalgiques, d’antibiotiques ou d’un soin expédié, la démarche est de s’intéresser au message de la dent malade. Décoder le sens du problème dentaire permet de comprendre cet appel au secours que lance la dent atteinte. Celle-ci traduit à sa manière le mal-être intérieur qu’on ne voulait pas voir jusque-là. Ainsi, le langage des dents devient le support d’un dialogue constructif avec soi-même et permet d’en finir avec un processus pathologique (carie, déchaussement, abcès) qui sans cela risque de se reproduire jusqu’à destruction complète de la dent. Quant aux dents soignées, elles sont les traces de souffrances passées en rapport avec une période précise de l’enfance. Cette vision ouvre de nouvelles perspectives. L’atteinte (carie, déchaussement, etc.) n’est plus un problème qui nous accable mais une information envoyée par le corps, un message à décoder. Clé de connaissance de soi, la dent devient alors un outil d’évolution.

Dr Estelle VEREECK

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