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Le corps et l'esprit

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Dossier Interprétation des maladies

Une interview de Christian FLECHE au sujet de son livre "Croyances et Thérapie"


Votre livre « Croyances et thérapie » (rédigé en collaboration avec Franck Olivier), nous invite à nous libérer des croyances : qu’est-ce qu’une croyance ?

En tant que thérapeute, ce qui m’intéresse c’est la définition structurelle : quand on est dans la structure, on peut faire des thérapies brèves, quand on est dans le contenu, on fait des thérapies longues. La définition structurelle d’une croyance est un lien arbitraire et solide entre deux objets qui, en soi, ne sont pas reliés, ils sont reliés par la personne qui véhicule cette croyance. Par exemple, de dire que telle religion va sauver tout le monde crée un lien entre une religion et le salut, ou bien de dire que telle approche thérapeutique amène la santé globale amène à faire arbitrairement un lien direct entre la santé et tel mouvement thérapeutique. Une croyance peut être basée sur un lien d’égalité (« les hommes sont ceci », « les femmes sont cela », …) ou un lien d’implication (« travailler donne des maladies », « travailler apporte le bonheur »). C’est un lien qui n’existe pas, un lien artificiel qui est présenté comme une loi, comme un principe par le détenteur de cette croyance. C’est un lien que la personne ne remet pas en question et qui va conditionner des émotions, des choix de comportement, des maladies, des attitudes politiques, religieuses, …
Le fait de se baser sur la définition structurelle des croyances permet de conduire une thérapie brève qui va agir sur la solidité du lien.


Se libérer de nos croyances peut nous amener à remettre en cause tous les fondements d’une vie. Ne faut-il pas être dans une situation extrême pour être prêt à le faire ? N’est-ce pas finalement plus simple de continuer à vivre en s’appuyant sur nos croyances, sans se poser trop de questions ? Qu’est-ce qu’on va y gagner ?

« Se libérer de nos croyances peut nous amener à remettre en cause tous les fondements d’une vie » est une croyance. Souvent la croyance se manifeste d’une manière partielle, on peut faire l’hypothèque qu’une autre partie de la croyance est cachée dans l’inconscient de la personne. Je pourrais faire l’hypothèse suivante : si je remets en cause le fondement de ma vie, cela va me déstructurer et m’amener le malheur, ça risque d’être pire qu’avant. Ici, la croyance est composée d’une chaine de 3 objets : « se libérer des croyances » implique « remettre en cause » puis « être plus mal après qu’avant ».
Dans l’esprit de certaines personnes ce type de croyance peut être bétonné, c’est ce béton qui va donner la rigidité, la psychorigidité même, les maladies physiques, l’inertie d’une personne, les peurs. Cela va dans le sens d’une anti-vie puisque la vie, pour moi, est adaptation, c’est ma croyance, c’est une de mes croyances de base. Cette croyance ne m’a posé à ce jour aucune limite. Lorsque j’ai 5 ans, c’est adapté de croire au père Noël, lorsque j’ai 10 ans, ce n’est plus adapté. A 10 ans c’est adapté de croire que papa et maman ont toujours raison, lorsque j’ai 15 ans, ce n’est plus adapté. Nos croyances évoluent en même temps que nous, que nos expériences et que le monde autour de nous. Les croyances actuelles par rapport à l’écologie, à l’avenir de la planète ne sont pas les mêmes que celles d’il y a 50 ans ou d’il y a 1000 ans.
Se libérer d’une croyance est un choix personnel qui vient après qu’une personne ait défini la croyance, évalué elle-même si c’est limitant ou pas et, si c’est le cas, la remette en cause. Mais si elle effectue la remise en cause c’est qu’au fond d’elle il existe une autre croyance qui est que l’on peut survivre à une remise en cause. Parce qu’elle a une autre expérience qui est la confiance en soi par exemple. Ce n’est pas tellement un défi, changer de croyance pour changer de croyance, mais c’est la vie, le monde évolue, notre biologie évolue avec l’âge, les évènements nous conduisent évoluer.
Il y a une gène dans ma vie, dans mon corps, on découvre la croyance limitante en lien avec cette gène, on décide de changer de croyance et on change. On a à y gagner éventuellement, mais il peut y avoir autre chose que gagner ou perdre. C’est à nouveau une croyance cachée que de vouloir systématiquement gagner quelque chose en échange d’autre chose.


Votre livre interpelle, on ressort de la lecture en se disant que tout sonne faux en nous et autour de nous, comme si nous étions manipulés en permanence par nos croyances et notamment des croyances transgénérationnelles. Objectif atteint ?

Mon objectif est à la fois chez le lecteur, ou bien chez toute autre personne curieuse, qu’il devienne conscient de ce qui l’agit, de ce qui le fait décider. On agit par nos croyances, elles sont inconscientes. Nos croyances limitantes, on en parle même pas, ce sont des évidences, ce sont des truismes. Certaines personnes vont toujours au même endroit en vacances mais ne savent pas pourquoi, la croyance ici peut être que « changement » = « déception », mais ils n’ont pas cette croyance là consciemment. Mon objectif c’est d’abord que le lecteur devienne plus conscient de ce par quoi il est agit, entre autres les croyances transgénérationnelles ou culturelles, car il y a plusieurs profondeurs dans notre inconscient comme l’inconscient personnel, l’inconscient familial, l’inconscient culturel.
Je ne peux pas savoir si mon objectif est atteint, il n’y a qu’en écoutant les lecteurs que je saurais si mon objectif qui est ce niveau de conscience est atteint ou pas.


Comment procédez-vous pour démasquer les croyances chez vos patients ? Comment faites-vous pour qu’elles ne résonnent pas avec votre propre référentiel de croyances ?

C’est très simple parce que je m’appuie sur la structure des croyances. Avec Frank Olivier, c’est un plan, une structure, une progression que nous avons exprimé et mis en forme dans ce livre. Pour commencer, on part d’une plainte récente et qui a une trace dans le conscient, ce peut être une maladie, un comportement inhibé, trop d’émotion ou pas assez, en tout les cas il y a quelque chose qui est mal vécu par le sujet et pour laquelle il ne fait pas directement de lien avec la croyance limitante.
Par exemple, une personne a un problème avec une thyroïde ; en décodage biologique, la thyroïde est liée au temps. Cette personne a été licenciée et est obsédée par le fait de retrouver un travail, ne dors plus, ne mange plus. Elle est dans cette urgence, dans ce comportement non voulu, non choisi qui se décide en elle. C’est la plainte dans le corps, dans le comportement, dans l’émotion à travers l’envahissement de l’impatience. Dans ce cas, l’élimination du problème, le fait de trouver des solutions rapidement semble vitale. La croyance est « si je reste trop longtemps en contact avec le problème, je ne vais pas survivre ».





A partir de cette croyance là, on va chercher à quel moment l’inconscient a mis en place cette croyance, car toute croyance a une histoire. Pour le cas présenté, la croyance remonte à la naissance de la personne qui s’est déroulée dans un contexte d’angoisse de la mère liée à un délai trop long entre la perte des eaux et l’arrivée à l’hôpital pour accoucher. « Il faut faire vite pour survivre » : l’expérience vécue a donné cette croyance et cette croyance n’est plus jamais remise en question. L’expérience s’est généralisée dans tous les actes de la vie (trouver un travail, une compagne, une maison, …).
La structure de la croyance va permettre de trouver la racine de la croyance et de « réactualiser » la personne avec différentes techniques d’hypnose, de visualisation, de PNL, de recadrage de sens ou simplement de prise de conscience, pour qu’elle s’adapte à ce qui est au jour d’aujourd’hui. En agissant ainsi, en reformulant, avec la technique de Carl Rogers par exemple, il n’y a pas ou peu de projection des croyances du thérapeute sur le patient. A travers la reformulation, c’est le patient lui-même qui s’exprime avec son propre langage, avec ses propres prises de conscience.


Vous avez créé une école de Biodécodage à Aix-En-Provence, quel est le profil de vos élèves ?

Les formations en décodage biologique ont démarré en 1994. Les premières conférences étaient très confidentielles ! Les années suivantes, d’autres formateurs ont suivi comme le Dr Sabbah, le Dr Athias, Jean-Jacques Lagardet, Salomon Sellam. A présent, des formations existent un peu partout avec des styles variés. Nous avons quelques points communs sur la théorie du sens des maladies et beaucoup de différences dans la façon de la présenter et d’être thérapeute. Ce qui est spécifique à l’école d’Aix-en-Provence, c’est un aspect très concret, très pratique au décodage qui est présenté par beaucoup comme une théorie et comme une compréhension pure. Les stagiaires sont, pour la moitié d’entre eux, dans la réalité de cette pratique, sur le terrain, ils sont déjà ou veulent devenir thérapeute et ils viennent chercher des outils pour pouvoir trouver ce qui est à l’origine des symptômes et des maladies et le traiter. L’autre moitié sont non professionnels et ne souhaitent pas l’être, ils ont juste une curiosité ou veulent travailler sur eux.
Dans cette école il y a beaucoup de respect pour le rythme et les croyances de l’autre. Chaque forme de thérapie a ses propres croyances. Le décodage a comme croyance que la maladie vient d’une émotion biologique, pour Freud c’est autre chose, pour Jung c’est autre chose, pour Erickson c’est encore autre chose. Dés le premier séminaire, j’insiste sur le fait que ce n’est qu’une façon de voir et que, ce qui compte, c’est la façon de voir, d’entendre, de comprendre du patient. Nous avons une culture biologique qui est là comme un outil pour donner de l’espace au patient et non pas lui imposer une restriction. Nous nous attachons à respecter le rythme du patient en s’appuyant sur notre expérience du décodage et de la biologie avec cette curiosité, cette ouverture et cet aspect évolutif comme le dit Salomon Sellam. Le propos que j’ai aujourd’hui pendant mes formations est différent de ce que je disais il y a 5 ans, il y a 10 ans. Et j’espère qu’il sera encore différent dans 5 ans !


Comment avez-vous découvert le décodage biologique des maladies et sa pratique ?

L’origine historique du décodage biologique, même s’il le refuse lui-même, c’est le Dr Hamer. Je l’ai rencontré en 1991 et ça a été un bouleversement pour moi. J’étais infirmier et en face d’un certain nombre d’échec de la médecine. Bien sûr l’homme n’est pas tout puissant mais j’ai compris que le Dr Hamer avait percé un secret. Ce qu’il disait m’a paru évident. En même temps, ce qui était évident, c’est que cet homme n’avait pas fait de thérapie et que, malheureusement, il n’en a toujours pas fait aujourd’hui, il ne peut donc pas être praticien de thérapie. Il a eu une sorte d’intuition géniale, néanmoins il n’a pas travaillé sur sa sensibilité, sur son impression d’être persécuté, ce qui fait de lui quelqu’un de tout à fait puissant et génial par certains cotés et dangereux par la généralisation de ce qu’il dit. Donc je lui suis reconnaissant mais je ne lui suis pas fidèle.
La pratique, je l’ai découverte auprès de Milton Erickson, un psychiatre américain. C’est un maître à penser dans la thérapie, c’est quelqu’un qui a réellement compris ce qu’est le vivant, la structure du vivant, les ressorts internes pour trouver des ressources. C’était un éveillé de la thérapie, il était dans l’immédiateté de ce qui se passait dans chaque consultation, dans la créativité, dans une attitude juste et empathique avec chaque personne, confiant dans sa perception de l’inconscient. Ensuite, j’ai rencontré Philippe Levi qui avait ce sens de la créativité, de l’à-propos et de la pratique du décodage biologique. Je travaille à présent beaucoup avec Salomon Sellam dans cette notion de pratique du décodage.


Quels enseignements complémentaires à la pratique du décodage biologique conseillez-vous, cette ouverture à d’autres pratiques est-elle nécessaire ?

J’aime bien conseiller de s’ouvrir à autre chose mais je n’aime pas conseiller de manière univoque. Parce que, fonction de l’histoire de chaque stagiaire thérapeute, fonction de son passé, de sa sensibilité, il va être tout à fait doué pour compléter le décodage avec l’ostéopathie, la kinésiologie ou la morathérapie ou autre chose. Au jour d’aujourd’hui, je crois pouvoir dire qu’il n’y a quasiment plus de thérapeute qui n’ait qu’une seule pratique. Il y a une espère de complémentarité, de logique, d’ouverture non pas dans la pratique mais dans le fait que la perception du vivant est différente sous l’angle biologique, sous l’angle énergétique, sous l’angle homéopathique, ... J’aime à conseiller et presque à obliger à ceux qui veulent être thérapeutes à aller dans d’autres écoles que la mienne pour ne pas être formaté par ce que je présente et pour qu’eux-mêmes trouvent leur sensibilité. C’est cela que je valide dans mon école lorsqu’au bout de 3 ans minimum, la personne a son style, elle a trouvé son identité, elle n’est plus un élève en quelque sorte.


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